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June 08 Et Jésus dans tout ça?
Bon là , les yeux sensibles soient vous risquez d’être ébloui par la lumière de Dieu, soit vous changer de page web…Jusqu’à maintenant, j’ai surtout axé mes écrits concernant mes découvertes, mon adaptation, mes péripéties…mais pourquoi je suis ici? Ce n’est pas de la coopération internationale que je fais, j’ai décidé de donner ma vie à la mission, à la suite de Jésus, et pour un temps à la Thaïlande à travers la SMÉ. Qu’est-ce que ça veut dire? Premièrement, ça veut dire que tous les jours je prie, de façon officielle au moins une fois, et de façon officieuse tout le temps. C’est-à-dire que comme j’ai beaucoup de temps pour penser, je préfère offrir mes réflexions à la prière. Je prie pour le peuple Thaï. Je prie pour les réfugiés que la Thaïlande accueille. Je rends grâce pour toutes ces personnes mises sur ma route et qui sans le savoir m’aident à devenir missionnaire chaque jour, qui viennent confirmer que je suis bien à la bonne place. Je comprends de plus en plus que tout m’est donné, tout est grâce dans chaque instant, chaque événement, chaque personne et Dieu sait que je suis prête à servir. Cette première année bien remplie de défis personnels, vient tranquillement me décaper, décaper l’image que l’on se fait de soi, de la mission ou du missionnaire pour vraiment découvrir mon identité en Dieu, mais aussi celle de mes compagnes. Je vous avoue que parfois, je me sentais où complètement humiliée, ou honteuse ou encore très en colère avec elles ou avec Dieu, mais il y avait toujours une petite certitude dans mon cœur qui me disait que j’étais à la bonne place et que j’étais en train d’apprendre à aimer. Car, c’est ça le vrai défi, aimer et se laisser aimer à la façon de Jésus peu importe le projet qu’on est appelé à servir. De loin, rien ne nous distingue, mais tranquillement vous pouvez sentir la flamme qui habite chacune qui fait son travail avec cœur et sans prétention.
Est-ce que je parle de Jésus, dans un pays à plus de 95% bouddhiste? Peut-être plus que vous ne le pensez, car la question surgit à travers les échanges ne serait-ce que par curiosité. Au Centre des Réfugiés de Bangkok, Thyvia 17ans, elle aussi réfugiée, est une de mes principale interprète. Elle est d’origine Sri Lankaise et de religion hindoue. C’est une fille brillante, mature et avec une superbe personnalité. Nous avons échangé les grandes lignes sur nos religions sans plus. Un jour, elle a sorti de son porte monnaie un petit bonhomme qui était en fait le profil de son copain qu’elle avait découpé sur une plus grande photo. Il est Sri Lankais et a 21 ans. Elle me dit qu’il est chrétien. Évidemment ses parents ne savent pas qu’elle a un copain et elle me dira plus tard qu’elle est très contente car son copain n’a jamais essayé de la toucher après 5 mois (nos adolescentes modernes occidentales crieraient au rejet ou croieraient que le dit gentleman est tapette). Car au Sri Lanka, c’est le jour du mariage même qu’on se prend la main et s’échange le premier baiser. Bref, au fil de la conversation, j’apprends que son copain est mormon et essaie de la convertir. Même les parents de ce dernier tentent de convertir Thyvia au christianisme afin qu’elle puisse se faire baptiser et marier leur fils. Thyvia commence alors à être inquiète. Elle l’aime beaucoup, mais est assez brillante pour se rendre compte que ça cloche. J’ai commencé alors à répondre à ces questions, mais surtout à l’inviter à écouter son cœur car ce dernier ne nous trompe pas. Elle continue de me poser des questions et je crois être une des rares qui aient rencontrer son copain à ce jour.
Puis il y eu Haang, la petite chinoise informaticienne que j’ai trouvé un beau jour en profonde méditation sur une patte les bras tendus vers le ciel. Ça a piqué ma curiosité. Elle m’a parlé de cette technique de méditation qui permet d’engendrer des énergies positives et améliorer les communications. On a jasé de nos croyances et elle m’a laissé un bouquin sur cette sagesse qui a plusieurs milliers d’années issus de la voie du Bouddha.
Et puis un jour en face de Thyvia et Haang, Khun Ta, ma superviseure m’a demandé pourquoi j’étais volontaire pour 6 ans car elles trouvaient que c’était un peu long. J’ai expliqué ce qu’était un missionnaire et ils ont perçu la confiance en Dieu et en la vie que j’avais pour ainsi m’abandonner pour 6 ans.
Bien que j’ai l’impression de passer ne coup de vent au BRC, tranquillement il semble que je fasse ma place car je ne suis pas une intervenante ordinaire. Un jour, dans le taxi avec Amir, mon interprète Somalien, je lui expliquais pourquoi je posais certains types de questions aux réfugiées concernant certains symptômes anxieux et de dépression quand je percevais que c’était plus que de la préoccupation normale, car je sentais parfois le malaise de sa part. Il s’est ouvert sur comment au jour le jour il était stressant d’être illégal et passer ses journées à penser à son avenir. Au fil de la conversation, j’ai fini par savoir que les réfugiés parlaient entre eux qu’ils aimaient bien quand c’était moi qui faisait les entrevues en vue qu’ils obtiennent une allocation de subsistance (à peine de quoi survivre)…et moi, j’ai parfois l’impression que Khun Ta me trouve un peu trop gentille avec eux….Je me rappelais que la journée même en arrivant au BRC, une Sri Lankaise amie de la mère de Thyvia m’a offert de petits pains fourrés : « 4 pour 30 baht » qu’elle me dit plein sourire. Je lui en tends 40 baht pour soutenir l’initiative, en attendant mon change qui n’est jamais venu, elle m’a mis 3 autres pains dans le sac toute contente. Je me suis demandé qui avait fait la meilleure affaire. La veille avec Thyvia j’avais aussi pris le temps qu’elle m’explique ce que signifiait la vitoire des Tigers qu’on voyait afficher un peu partout. Imaginez vous, après 25 ans de guerre entre les Singhalais et les Tamil, le ministre a simplement dit : « Okay les Tamil(minorité) peuvent rester au Sri Lanka et continuer d’avoir leur province. » Haang toute curieuse s’était jointe à nous. Thyvia ne pourra retourner dans son pays malgré tout; les réfugiés de l’UN vont continuer le processus. Cette conversation était un moment délicieux où Haang et moi on était suspendues aux lèvres dde Thyvia partageant sincèrement cette victoire mais aussi le désarroi de ne jamais revoir sa terre natale.
Bref, je me suis dit que cette vie de prière m’aidait possiblement sans le savoir à avoir un regard différent. Décidément, Dieu veut qu’on parle de Lui.
Snow Globe à Wat Prok
Alors que j’étais à reconsidérer mon implication à Wat Prok, me sentant à cours d’idée, Dieu a pourvu me mettant sur la piste de matériel intéressant et me faisant cadeau d’une brique s’intitulant « 1001 creative things to make ». Vraiment, j’avais eu raison de faire confiance. Un jour, j’annonce aux gars que dans 2 semaines on aura une activité spéciale mais que pour ça, ils doivent apporter un pot de vitre (de confiture ou autre). Je répète la consigne la semaine suivante. Le jour même 5 des 15 gars ont leur pot. Je mets sur la table ma création : un snow globe. Ils sont tout excités et écoutent à peine les consignes, s’emparant même de la colle, les petits bonhommes et les étoiles qui sont dans mon sac. J’avais 5 pots qu’ils ont tiré au sort entre eux par roche-papier-chop stick et les 5 autres se sont rué au Seven Eleven et ont supplié les petits de l’étage en dessous de bouffer la confiture afin qu’ils aient leur pot vide. On a collé les bonhommes sur le couvercle qu’on a laissé sécher, puis on a mis un fond d’huile de bébé avec les étoiles dans le pot. Le problème est que dans mon sac, il y avait aussi des petits brillants qu’ils ont décidé de mixer. En attendant que ça sèche, ils devaient tenter de faire un panier africain ou ce qu’ils avaient rebaptiser un chapeau musulman (influence culturel que voulez vous). Ils étaient tout excités, tellement que certains ne voulaient pas se consacrer à la seconde activité. Bref, quand l’heure est enfin venue, ils ont été mettre de l’eau dans le pot où se trouvaient les étoiles, les brillants et l’huile pour bébé. Malheur!!! Si les étoiles flottaient bien entre l’huile et l’eau, les brillants faisaient des boules autour des bonhommes et les cachaient. Ça n’a pas empêché les garçons d’être fiers. Quelques uns sont venus me demander : « Je le mets où? » « Tu le mets où tu veux, c’est à toi. », et ils repartaient avec un sourire. J’ai réalisé à quel point ils n’avaient rien et qu’un pot de confiture vide avec les brillants, même pognés en moton, devenaient une richesse. J’ai racheté des étoiles pour que l’expérience soit une réussite. Après les expériences où je leur laisse la latitude et dont ils tirent eux-mêmes les conclusions, tranquillement, on met des règles pour que la prochaine fois, on soit meilleur tous ensemble. Ainsi tranquillement, ils commencent à faire le ménage dans l’armoire à bricolage et à faire plus attention au matériel que j’apporte peu à peu chaque semaine.
Un vendredi après-midi, mon coordonateur de la SMÉ (au Canada) était dans les parage et nous sommes allés voir les gars jouer au soccer. Chaque vendrdi après-midi, c'est sacré pour eux. Nous avons trouvé deux terrains(cimentés) de soccer sous les viaduc de l'autoroute, un pour les grands l'autre pour les petits, où les gars jouaient pour la plupart pieds nus. Certains m'ont remarqué et m'ont fait un grand sourire bien fiers. En fait, moi, j'étais tellement fière de les présenter à Christian....j'ai décidé que je retournerais au terrain de soccer d'autres vendredis après midis.
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