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Ayant éprouvé des difficultés avec mon adresse yahoo puis n'utilisant presque plus hotmail, j'ai décidé de tout centraliser avec Google. Le blog est maintenant: www.landofthesmile.blogspot.com et mon adresse andreeb75@gmail.com. Merci, Andrée;)
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July 04 J'ai été accueillie par mon peuple d'accueilSi en mars je sentais que je régressais tant en thai qu'en anglais. En mai, ça allait drôlement bien. Toutefois la discipline que je m'imposais commençait à me peser, et je m'en suis tenue qu'aux devoirs demandés sans faire de révision officielle (habituellement je pouvais passer 2-3 heures le dimanche en après midi juste pour faire ça). J'ai commencé à trouver les 2 livres (conversation et lecture-écriture) emmerdants et je faisais tout avec les professeurs pour éviter de les utiliser. J'appréciais de plus en plus de pouvoir parler. Toutefois ma prof Nappa me disait; STP parle thai...parce qu'à chaque conjonction plutôt que d'utiliser le fameux "Tèè wââ", le "so" apparaissait constamment. Décidément, j'en avais mare d'étudier et Mae Sariang arrivait juste à point. Bien que je savais depuis janvier que je devais aller à cette place, je vous avoue que les "kettles" ont commencé à me pogner quelques semaines avant après qu'un couple Français pas loin de là m'en ait fait une description. Ma trop grande fierté, mon goût de l'aventure et une certaine innocence m'avaient peut-être amené là. Bref lorsque Sofia a commencé à me dire: "Tsé je suis un peu inquiète de te laisser partir comme ça toute seule", j'ai dit: "Ouain,moi avec, mais je vais le faire pareil." Le vendredi soir, je suis arrivée à la station de bus avec mon gros pack sack courant comme une perdue, parce qu'il était déjà 21h05 et que le bus partait à 21h...may pen lay(pas de trouble). Les Thais m'attendaient bien gentiment dans leur autobus aux couleurs toujours aussi mal choisies: des sièges bariolées, des rideaux rouges, des coussins pour la tête en satin rose fushia avec une dentelure jaune. Bref j'avais l'impression d'être dans une épisode de La Petite Vie (plus précisément celui où Pôpa se retrouve couché aux côtés de Pogo dans la suite nuptiale). Heureusement, 11 hres de route de nuit, j'ai facilement fermé les yeux toutefois restant sensible à tous les sillons des montagnes. Vers 8h, j'ai senti qu'on arrivait mais je ne savais où débarquer. Je me suis retrouvée dans un pseudo arrêt d'autobus au milieu de nulle part avec des petits bouibouis en bois. J'ai appelé le directeur qui m'a dit qu'une prof passerait me chercher dans 10 minutes. Top là! Elle était là en moins de 2. Elle me dit: "Je suis Kooy, t'as quel âge?" . "33", "Moi aussi. Super alors on peut être amies". Décidément, on n'a pas tout à fait la même définition du mot "ami", mais bon cette légèreté m'allait bien. En arrivant à la maison, elle m'a mis dans une chambre et m'a dit: "Tu dois être fatiguée. Dors." et elle a fermé la porte de la chambre et je me suis mise à rire de cet accueil bien que chaleureux un peu brutal, à mon sens. Mais j'étais bien contente qu'elle ne s'enfarge pas dans les pirouettes pour me plaire. Plus tard, elle m'a offert un mon premier t-shirt mode thai auquel je ne voulais surtout pas succomber (blague). Vous vous rappelez, les chandails fleuris roses avec des frousrous dont je vous ai parlé précédemment? Et bien, elle m'en faisait cadeau et me disait: "Demain tu vas le porter quand on va aller au marché" J'ai compris que mon style plein air-granol que les Thais considèrent entre la lesbienne et l'ado ne devait pas lui plaire. J'ai accepté de le porter pour lui faire plaisir. Anyway y a personne qui me connaît à Mae Sariang (et ne cherchez pas de photos de moi avec ça). Kooy est très généreuse. Elle m'a par la suite offert une robe ballon noir transparente avec un carreauté rose et violet à porter avec un legging (je sais vous aussi vous aller craquer), une veste manches courtes rose (très joli, celle là je la porte), un CD gravé des Wonder Girls (groupe Coréen genre Spice Girls). En tant que célibataire jetset de la place, elle a des millions de vêtements tous plus stylés les uns que les autres, une petite voiture rouge (et quand je dis petite, j'avais les genoux au menton et le toupette qui effleurait le plafond) avec des recouvre-minous roses partout à l'effigie dde Winnie The Poo, Doremon, et Kitty. Ayant un gros toutou de Kitty, elle m'a demandé si j'aimais les toutous. J'ai dit: "Hum, moyen!". Quand même, je voulais être polie, car elle a été super dévouée et généreuse du début à la fin à tout point de vue. Mais nos goûts côté mode variaient. Bref, derrière ses apprences de jeune fille de ville, elle te conduit un 4x4 en SVP. Sur le chemin entre Mae Sariang et Mae Lid, le dernier 10 km n'est que de la terre et de la bouette (il pleut souvent). Je me suis retrouvée à pousser le truck avec un autre gars des tribus. J'aurais donné cher pour des traction aid. Bref, le truck est sorti de la bouette et j'étais "bouettée" de haut en bas. Super pour faire une bonne impression aux profs de Mae Lid. J'ai été bien accueillie et une élève a lavé mes vêtements...à la main! Une superbe maisonnette en bois 2m x 2m m'attendait. Chaque prof a la sienne ou partage une plus grande avec 2-3 autres. Elles se réunissent 3-4 dans la maison qui a des ronds au gaz et cuisinent et mangent ensemble trois fois par jour(le sens de la vie communautaire, ils l'ont l'affaire les Thais. On n'achète ou ne fait jamais quelque chose que pour soi, yes monsieur!). J'ai été assignée à la maison de Khun Apichart, le directeur, et son épouse, Khun Usa, puis il y avait Khun Kesada qui se joignait et moi. Usa et Kesada ne me laissait pas facilement faire quelque chose pour aider, mais tranquillement j'ai eu le droit de frire le poulet ou les légumes. De mon côté je leur ai fait du porc aux pommes avec des tites patates sautées. J'ai troqué la cannelle pour du piment fort, ils n'y ont vu que du feu, j'en suis certaine. Ici, l'électricité est en fait générée par l'énergie solaire, donc comme il pleut souvent (je l'ai déjà dit), les lumières arrêtent tôt et on va se coucher (ou on fait des enfants(blague avec les profs) Je n'écrirais jamais ça ici car je crois que mes supérieurs lisent le blogue.) La douche était frette comme le maudit compte tenu du climat humide autour de 15 degrés et la salle tout en béton, infestée de bestioles dont je tairai les noms par respect pour leur identité.
Khruu Proy s'est rapidement emparée de moi en tant que prof d'anglais. Elle m'a demandé de lui aider. Pas de trouble, mais je lui ai dit que je n'étais pas enseignante. Elle m'a fait un horaire et ne m'a rien expliqué de ce qu'elle s'attendait que je fasse(tiens comme Khun Ta au BRC). Je devais donc improviser chaque fois. Et en cherchant un peu, je finissait par trouver le livre d'anglais. Heureusement que ce qui me sauvait, c'est mon imagination (thanks God!). Dans mes temps libres, je passais dans les classes pour voir comemnt Proy et les autres profs fonctionnaient, car j'avais l'intuition qu'on ne fonctionnait pas de la même façon. Première des choses ici, le prof est le maître. Les élèves saluent tous ensemble au début et à la fin du cours, et se penchent quand ils passent devant un adulte. Ils doivent toujours être plus bas que l'adulte. Déjà c'était un choc pour moi. L'autre chose, c'est notre façon d'enseigner est plus interactive et donne la place à l'individu. Quand je questionnais un élève, il était incapable de répondre. On m'a dit que les Thais étaient gênés, mais c'est qu'ils sont habitués de répéter ce que le prof dit et en groupe. Donc quand je questionnais un élève, il osait à peine mumurer quelque chose jusqu'à ce que le groupe finisse par souffler la réponse. J'ai appelé ça,"la force du groupe" et j'ai fini par les laisser faire, mais à continuer de poser mes questions de façon individuelle et déductive (plutôt que juste par mémoire). On appelle ça un compromis! Si parfois au Québec, j'étais exaspérée de l'égo démesuré de nos enfants rois qui ont réponse à tout, ici j'aurais donné cher pour qu'un élève tente une réponse de façon affirmée. Donc le maître enseigne, écrit au tableau et demande des exercices mais il n'y a pas toujours une validation des acquis...du moins pour l'anglais. Proy m'a demandé d'aider un élève à se préparer pour un concours d'art oratoire en anglais. Super!!! Mais encore là, on avait pas la même façon de "préparer". Moi je voulais d'abord parler avec l'élève, trouver les idées avec lui, l'aider à articuler ses idées, mais surtout je voulais que ça vienne de lui. Non, non, non...je me suis retrouvée à composer le texte qu'il devait mémoriser et pratiquer la prononciation. Quand je suis allée visiter une autre école, c'était la même chose. Les profs avaient préparé les textes des élèves pour ce concours et elles m'ont demandé de réviser. Et après, elles passaient leur temp à me dire: "Vous les étrangers, vous êtes tellement brillants. Vous parlez plusieurs langues. Vos enfants répondent en classe aux questions" Et moi, je me tuais à leur dire que ce n'était pas une question d'intelligence, peut -être plus une question d'opportunités, mais de façon d'enseigner et du coup d'apprendre. Toutefois, j'enviais l'obéissance qu'ils sont capables d'obtenir des enfants que nous, on a un peu perdu en leur laissant beaucoup de place. L'école de Mae Lid, tout comme les autres écoles fonctionnent un peu pour moi à l'ancienne. Le matin, il y l'hymne national et la levée du drapeau, la chanson de la province, la prière et les speeches qui n'en finissent plus du directeur, du président de l'école, du prof un tel...pendant ce temps, les petits de maternelle s'emmerdent les uns les autres, se décrottent le nez, se remontent les pantalons sous le menton. Sous ces derrières de disciplines parcontre, je ne peux pas dire qu'il ait de règles claires de discipline les enfants étant souvent laissés à eux mêmes, ce qui leur permet de régler les problèmes entre eux sans chercher l'attention d'un adulte, mais parfois je vous dirais qu'une intervention plus autoritaire serait de mise. Et à la fin de la journée, il y a encore un autre rassemblement avec plein de speeches. Toutefois, je crois que ça aide leur sentiment d'appartenance. Certains vivent à l'école car leur village est trop loin, certains marchent une heure le matin avec leur petit frère ou soeur de 2-3- ans que les parents ne peuvent amener au champs dde riz. Les enfants doivent travailler à l'école pour maintenir le terrain, couper les légumes, laver la vaisselle des profs, etc.Ils ont des jours thématiques: lundi= jour national, mercredi=jour scout, jeudi=jour de sport, vendredi=jour de leurs origines. Comme les enfants sont tous Karens(peuple des montagnes), ce jour là ils portent leur costume. Un prof spécial vient aussi leur enseigner leur langage, le Bakayalok et l'artisanat. Le tissages pour les filles et comment entretenir la machine à tissage pour les gars. 70% des Karens sont chrétiens. La prière à l'école de Mae Lid est bouddhiste compte tenu que tout les profs sont bouddhistes, mais les enfants chrétiens ne joignent pas les mains pour la prière. Plusieurs portent des médailles et des chapelets entortillés. L'Église locale travaille beaucoup à les aider à préserver leur culture car il y a une tendance à vouloir les assimilier aux Thais et s'ils neveulent faire comme les Thias, on les prive de certians droits. D'ailleurs, pour ces peuples, l'apprentissage de l'anglais ou certaines autres matières peuvent leur sembler futile quand on sait qu'ils passeront leur vie à vivre de l'agriculture ou la pêche, des techniques qu'ils voudraient bien apprendre. Une autre chose qui m'a parue évidente est qu'il fallait travailler sur l'hygiène. Les enfants sont sales et tout le temps malades. Ils mangent de la viande qui n'est ni cuite, ni crue, un genre de viande putréfiée. Mais parfois, même les maisons et les cuisines thais de gens plus éduqués que j'ai visité sont vraiment très peu salubres...mais bon.
Ce sont les différences qui m'ont frappé, mais de l'intérieur, avec la gentillesse des profs j'ai vraiment eu l'impression de toucher à leur culture, à leur coeur. Ils sont vraiment tourné vers les autres, préoccupés pour les autres, généreux, ne veulent pas avoir la vie compliquée et stressée. Tout passe par la bouffe ici, donc j'ai passé mon temps à manger (je trippe salade de papaye épicée avec poulet grillé et riz collant). Et ce qu'ils m'ont offert? Un espace à l'intérieur de mon coeur s'est fait. Et je suis revenue à Bangkok toute reposée et remplie d'une belle énergie. Mon peuple d'accueil m'a accueillie!!! Enfin après 9 mois, j'ai vécu un peu avec eux. J'ai maintenant dans ma liste de courriels et téléphone quelques noms Thais.
Anglée ou Anthalée (mon nom en Thai)
June 08 Et Jésus dans tout ça?
Bon là , les yeux sensibles soient vous risquez d’être ébloui par la lumière de Dieu, soit vous changer de page web…Jusqu’à maintenant, j’ai surtout axé mes écrits concernant mes découvertes, mon adaptation, mes péripéties…mais pourquoi je suis ici? Ce n’est pas de la coopération internationale que je fais, j’ai décidé de donner ma vie à la mission, à la suite de Jésus, et pour un temps à la Thaïlande à travers la SMÉ. Qu’est-ce que ça veut dire? Premièrement, ça veut dire que tous les jours je prie, de façon officielle au moins une fois, et de façon officieuse tout le temps. C’est-à-dire que comme j’ai beaucoup de temps pour penser, je préfère offrir mes réflexions à la prière. Je prie pour le peuple Thaï. Je prie pour les réfugiés que la Thaïlande accueille. Je rends grâce pour toutes ces personnes mises sur ma route et qui sans le savoir m’aident à devenir missionnaire chaque jour, qui viennent confirmer que je suis bien à la bonne place. Je comprends de plus en plus que tout m’est donné, tout est grâce dans chaque instant, chaque événement, chaque personne et Dieu sait que je suis prête à servir. Cette première année bien remplie de défis personnels, vient tranquillement me décaper, décaper l’image que l’on se fait de soi, de la mission ou du missionnaire pour vraiment découvrir mon identité en Dieu, mais aussi celle de mes compagnes. Je vous avoue que parfois, je me sentais où complètement humiliée, ou honteuse ou encore très en colère avec elles ou avec Dieu, mais il y avait toujours une petite certitude dans mon cœur qui me disait que j’étais à la bonne place et que j’étais en train d’apprendre à aimer. Car, c’est ça le vrai défi, aimer et se laisser aimer à la façon de Jésus peu importe le projet qu’on est appelé à servir. De loin, rien ne nous distingue, mais tranquillement vous pouvez sentir la flamme qui habite chacune qui fait son travail avec cœur et sans prétention.
Est-ce que je parle de Jésus, dans un pays à plus de 95% bouddhiste? Peut-être plus que vous ne le pensez, car la question surgit à travers les échanges ne serait-ce que par curiosité. Au Centre des Réfugiés de Bangkok, Thyvia 17ans, elle aussi réfugiée, est une de mes principale interprète. Elle est d’origine Sri Lankaise et de religion hindoue. C’est une fille brillante, mature et avec une superbe personnalité. Nous avons échangé les grandes lignes sur nos religions sans plus. Un jour, elle a sorti de son porte monnaie un petit bonhomme qui était en fait le profil de son copain qu’elle avait découpé sur une plus grande photo. Il est Sri Lankais et a 21 ans. Elle me dit qu’il est chrétien. Évidemment ses parents ne savent pas qu’elle a un copain et elle me dira plus tard qu’elle est très contente car son copain n’a jamais essayé de la toucher après 5 mois (nos adolescentes modernes occidentales crieraient au rejet ou croieraient que le dit gentleman est tapette). Car au Sri Lanka, c’est le jour du mariage même qu’on se prend la main et s’échange le premier baiser. Bref, au fil de la conversation, j’apprends que son copain est mormon et essaie de la convertir. Même les parents de ce dernier tentent de convertir Thyvia au christianisme afin qu’elle puisse se faire baptiser et marier leur fils. Thyvia commence alors à être inquiète. Elle l’aime beaucoup, mais est assez brillante pour se rendre compte que ça cloche. J’ai commencé alors à répondre à ces questions, mais surtout à l’inviter à écouter son cœur car ce dernier ne nous trompe pas. Elle continue de me poser des questions et je crois être une des rares qui aient rencontrer son copain à ce jour.
Puis il y eu Haang, la petite chinoise informaticienne que j’ai trouvé un beau jour en profonde méditation sur une patte les bras tendus vers le ciel. Ça a piqué ma curiosité. Elle m’a parlé de cette technique de méditation qui permet d’engendrer des énergies positives et améliorer les communications. On a jasé de nos croyances et elle m’a laissé un bouquin sur cette sagesse qui a plusieurs milliers d’années issus de la voie du Bouddha.
Et puis un jour en face de Thyvia et Haang, Khun Ta, ma superviseure m’a demandé pourquoi j’étais volontaire pour 6 ans car elles trouvaient que c’était un peu long. J’ai expliqué ce qu’était un missionnaire et ils ont perçu la confiance en Dieu et en la vie que j’avais pour ainsi m’abandonner pour 6 ans.
Bien que j’ai l’impression de passer ne coup de vent au BRC, tranquillement il semble que je fasse ma place car je ne suis pas une intervenante ordinaire. Un jour, dans le taxi avec Amir, mon interprète Somalien, je lui expliquais pourquoi je posais certains types de questions aux réfugiées concernant certains symptômes anxieux et de dépression quand je percevais que c’était plus que de la préoccupation normale, car je sentais parfois le malaise de sa part. Il s’est ouvert sur comment au jour le jour il était stressant d’être illégal et passer ses journées à penser à son avenir. Au fil de la conversation, j’ai fini par savoir que les réfugiés parlaient entre eux qu’ils aimaient bien quand c’était moi qui faisait les entrevues en vue qu’ils obtiennent une allocation de subsistance (à peine de quoi survivre)…et moi, j’ai parfois l’impression que Khun Ta me trouve un peu trop gentille avec eux….Je me rappelais que la journée même en arrivant au BRC, une Sri Lankaise amie de la mère de Thyvia m’a offert de petits pains fourrés : « 4 pour 30 baht » qu’elle me dit plein sourire. Je lui en tends 40 baht pour soutenir l’initiative, en attendant mon change qui n’est jamais venu, elle m’a mis 3 autres pains dans le sac toute contente. Je me suis demandé qui avait fait la meilleure affaire. La veille avec Thyvia j’avais aussi pris le temps qu’elle m’explique ce que signifiait la vitoire des Tigers qu’on voyait afficher un peu partout. Imaginez vous, après 25 ans de guerre entre les Singhalais et les Tamil, le ministre a simplement dit : « Okay les Tamil(minorité) peuvent rester au Sri Lanka et continuer d’avoir leur province. » Haang toute curieuse s’était jointe à nous. Thyvia ne pourra retourner dans son pays malgré tout; les réfugiés de l’UN vont continuer le processus. Cette conversation était un moment délicieux où Haang et moi on était suspendues aux lèvres dde Thyvia partageant sincèrement cette victoire mais aussi le désarroi de ne jamais revoir sa terre natale.
Bref, je me suis dit que cette vie de prière m’aidait possiblement sans le savoir à avoir un regard différent. Décidément, Dieu veut qu’on parle de Lui.
Snow Globe à Wat Prok
Alors que j’étais à reconsidérer mon implication à Wat Prok, me sentant à cours d’idée, Dieu a pourvu me mettant sur la piste de matériel intéressant et me faisant cadeau d’une brique s’intitulant « 1001 creative things to make ». Vraiment, j’avais eu raison de faire confiance. Un jour, j’annonce aux gars que dans 2 semaines on aura une activité spéciale mais que pour ça, ils doivent apporter un pot de vitre (de confiture ou autre). Je répète la consigne la semaine suivante. Le jour même 5 des 15 gars ont leur pot. Je mets sur la table ma création : un snow globe. Ils sont tout excités et écoutent à peine les consignes, s’emparant même de la colle, les petits bonhommes et les étoiles qui sont dans mon sac. J’avais 5 pots qu’ils ont tiré au sort entre eux par roche-papier-chop stick et les 5 autres se sont rué au Seven Eleven et ont supplié les petits de l’étage en dessous de bouffer la confiture afin qu’ils aient leur pot vide. On a collé les bonhommes sur le couvercle qu’on a laissé sécher, puis on a mis un fond d’huile de bébé avec les étoiles dans le pot. Le problème est que dans mon sac, il y avait aussi des petits brillants qu’ils ont décidé de mixer. En attendant que ça sèche, ils devaient tenter de faire un panier africain ou ce qu’ils avaient rebaptiser un chapeau musulman (influence culturel que voulez vous). Ils étaient tout excités, tellement que certains ne voulaient pas se consacrer à la seconde activité. Bref, quand l’heure est enfin venue, ils ont été mettre de l’eau dans le pot où se trouvaient les étoiles, les brillants et l’huile pour bébé. Malheur!!! Si les étoiles flottaient bien entre l’huile et l’eau, les brillants faisaient des boules autour des bonhommes et les cachaient. Ça n’a pas empêché les garçons d’être fiers. Quelques uns sont venus me demander : « Je le mets où? » « Tu le mets où tu veux, c’est à toi. », et ils repartaient avec un sourire. J’ai réalisé à quel point ils n’avaient rien et qu’un pot de confiture vide avec les brillants, même pognés en moton, devenaient une richesse. J’ai racheté des étoiles pour que l’expérience soit une réussite. Après les expériences où je leur laisse la latitude et dont ils tirent eux-mêmes les conclusions, tranquillement, on met des règles pour que la prochaine fois, on soit meilleur tous ensemble. Ainsi tranquillement, ils commencent à faire le ménage dans l’armoire à bricolage et à faire plus attention au matériel que j’apporte peu à peu chaque semaine.
Un vendredi après-midi, mon coordonateur de la SMÉ (au Canada) était dans les parage et nous sommes allés voir les gars jouer au soccer. Chaque vendrdi après-midi, c'est sacré pour eux. Nous avons trouvé deux terrains(cimentés) de soccer sous les viaduc de l'autoroute, un pour les grands l'autre pour les petits, où les gars jouaient pour la plupart pieds nus. Certains m'ont remarqué et m'ont fait un grand sourire bien fiers. En fait, moi, j'étais tellement fière de les présenter à Christian....j'ai décidé que je retournerais au terrain de soccer d'autres vendredis après midis.
May 17 De choses et d'autresÀ l'école l'ambiance est bonne. Il y a Karl un allemand d'une cinquantaine d'année qui vit sa retraite ici avec sa femme. Geneviève une grande Française aussi dans la cinquantaine dont le mari travaille pour la défense. Adam un jeune Australien amoureux d'une thaie. Sushil une américaine d'origine indienne qui accompagne son mari qui travaille pour l'ambassade américaine. Elle est avocate et travaillait avec les immigrants et réfugiés aux USA. Claire, une grande anglaise elle aussi ici pour le travail de son mari à l'ammbassade. Elle a deux jeunes garçons et est traductrice: allemand-français-grec. Et mon fameux compagnon Ron présenté précédemment, mais qui m'a abandonné en cours de route faute de temps. Dommage, il avait des sujets intéressants. Puis,il y a d'innombrables Japonais qui étudient en malades de 8 à 4 pour travailler une compagnie d'assurance. Ils sont de nature moins bavardes en général, mais surtout c'est qu'ils connaissent à peine l'anglais. Pendant les deux pauses du matin, on a bien du plaisir. J'ai appris que Karl et Adam avaient victimes à leur tour de l'affection thaie...entre hommes. Eh oui, vous êtes dans un bar sirotant votre bière ou les deux mains occupées parce que vous êtes en train de pisser(donc en position d'extrême vulnérabilité) et voilà qu'un thai s'approche derrière vous et tout doucement se met à vous masser les épaules. Le premier réflexe, ils voulaient s'enfuir ou leur dire d'arrêter, mais ont gelé un peu finalement après quelques minutes le thai repartaient sans rien dire et mes amis se trouvaient bien relax.
Sonkhran
Je ne vous ai pas beaucoup parlé la denière fois, mais c'est qu'il y avait beaucoup de choses à raconter. Sonkhran c'est le Nouvel An Thai qu'on célèbre avec de l'eau. L'eau est utilisé entre autre pour purifier les statues mais aussi soi-même. C'est de plus en plus une fête commerciale qui dure entre 3 et 5 jours. J'ai eu la chance de vivre ce festival à Mae Sot, la petite ville en bordure de la frontière birmane où travaillent mes collègues. C'était bien sympathique. Les gens sont très amicaux et étant une des rares "farang" du village" j'ai eu droit à des bénédictions spéciales, donc j'ai passé les trois jours complètement trempés. Les gens s'installent sur le bord de la rue avec de grands bidons d'eau et des bols, des fusils à eau ou des boyau et nous arrosent à notre passage. Certains ont fait fondre d'énormes morceaux de glace, donc l'eau était glaciale. Certains viennent nous beurrer le visage avec un mélange de poudre ou de crème...par amour...hehe!!! Pour l'occasion, ils portent fièrement des blouses fleuries. Sur la rue principale, les 4 x 4 et les motos passent pour se faire asperger ou pour asperger les gens. Il y avait des estrades où des jeunes filles trempées dansaient de façon très sexy et provocante....(SVP cessez de me dire que les Thaies sont prudes). Les gens boivent et m'ont offert à boire. Une petite gorgée de gin, une petite zip de bière et les Thais étaient tout contents que je participe à leur festival. Toutefois, c'est le temps de l'année où il y a le plus d'accident de la route, d'une part parce que les routes sont glissantes parce que mouillées, mais aussi parce qu'ils boivent beaucoup. Même si en général les règles de sécurité ne sont pas les mêmes (encore dernière j'ai vu une femme conduire sa voiture avec son bébé debout sur elle), la police fait des efforts pour contrôler. Bref, je crois que célébrer avec mon peuple d'accueil était évidemment un incontournable pour m'imprégner de la culture La guerre aux coquerelles
J'habite maintenant seule à Bangkok, mais en fait pas tout à fait seule. Il suffit de fermer les lumière une heure le soir et de les rallumer pour voir tous mes amis apparaître. Les petits lézards et les coquerelles. Et le plus souvent ces dernières. Elles sont grosses et dégueulasses, et dépendant de mon humeur je les tolère ou non. Un soir, je suis arrivée à 6h complètement affamée, et la grosse coquerelle était plantée derrière la champelure me regardait droit dans les yeux en se frottant les mains...non, mais ça va? la bouffe c'est pour moi, pas pour toi. Elle s'est réfugiée derrière le panier à vaisselle un bout et puis a fait son apparition sur le bout de comptoir où je m'apprêtait à couper les légumes...c'en était trop. J'ai saisi ma gougoune et l'ai écrabouillée de toutes mes forces. Mais c'est que ça jutte une grosse coquerelle, bon sens!!!! Faut ramasser les dégâts après. Déjà que je ramasse au moins 3 cadavres chaque matin. Elles n'ont pas beaucoup l'esprit d'équipe les pauvres. Il y a du poison partout dans la maison et elles se tuent une par une, plutôt que de se dire: eh les girls, on change de place ou encore voici les zones de la maison à éviter...elles vont bouffer le poison et se retrouvent sur le dos. Certaines grouillent encore au matin. Pour d'autres, il y a comme des taches de sang tout autour...je crois que ce sont les coquerelles dramatiques, celles qui se pitchent partout en hurlant: je meurs! je meurs!!! La dernière fois quand je suis rentrée, elles étaient trois dans la cuisine. Une semblait nerveuse et cherchait quoi faire, l'autre avait l'air de lui dire:" du calme" et avait l'oeil sur mon souper. J'ai foutu une partie de mon souper dans le micro ondes et l'autre dans le frigo et j'ai laissé les lumières allumées. Car tout le monde sait que les coquerelles c'est comme les vampires, ça fuit la lumière, bien que celles là la tolère quand même...Un après-midi entre 15h et 16h, je dois en avoir tuer 20 avec le spray. C'était l'horreur. J'en tuais une, j'allais chercher le balai, elles étaient trois, je tuais les trois, j'allais jeter les cadavres à l'extérieur, je revenais et elles traversaient la cuisine sans regarder des deux côtés de la rue. N'empêche qu'après cette bataille, je crois que j'ai officiellement gagné la guerre, car les jours d'ensuite, c'est à peine si je trouvais des cadavres, et des tout petits cadavres.
Un après-midi avec le Frère John
Un après midi j'ai demandé à ce frère Maryknolls de m'accompagner dans le quartier chinois afin de trouver du matériel pour la garçons du temple. J'y avais été à deux reprises, mais n'avais rien trouvé alors que lui et d'autres me disaient à quel point on trouvait tout. Frère John nous avait déjà invité à quelques reprises dans son appartement qui surplombe la Rivière Chao Praya. Il était donc très fier de me faire visiter son appartement et de me raconter ses histoires. Il a été missionnaire dans plusieurs pays dont le Chili, l'Egypte et Israel. D'ailleurs en janvier dernier, lors du meeting régional avec les Maryknolls à Hua Hin, il nous a raconté les horreurs de la guerre là-bas et sa propre expérience pris dans les décombres suite à l'explosion d'une bombe. Il a dit que même là, il sentait la présence et la grâce de Dieu. À cause de ce traumatisme dont il ne s'est jamais complètement remis, il sent sans qu'on lui dise les gens qui ont été victimes d'abus ou de graves crimes. Il est maintenant missionnaire en Thailande depuis 20 ans et connait très bien le bouddisme et les croyances et superstitions des Mons (la plus ancienne ehtnie du Myanmar, ethnie des gars de Wat Prok). Il m'a dit que pour les Mons, le prénom est choisi en fonction du jour de la semaine où vous êtes nés. Vous pouvez changé de prénom plusieurs fois au cours d'une vie, mais votre prénom est toujours en lien avec le jour de la semaine de votre naissance. On ne peut se donner soi-même notre prénom sans quoi il s'encourerait une malédiction. Ce prénom va lien avec le bouddhisme qui croit que rien n'est permanent et aussi en lien avec la numérologie et l'astrologie qui vous mettent en connection avec l'univers. Ainsi, il semble que plusieurs font des liens entre les récents événements politiques et l'astrologie.. Bref, tout en sillonnant les petites ruelles complètements surchargées de babioles de tout genre où une moto vous talonne ou un diable rempli de boites vous met au défi de le contourner, il m'a jasé et me faisant même part de plusieurs idées car il a la sensibilité à l'art visuel que je n'ai pas du tout. J'ai trouvé le papier construction que je cherchais depuis plus de deux mois (eh oui!!) et rendue à la maison, en faisant ma comptabilité, il manquait 300baht que je n'arrivais pas à expliquer. Le lendemain, le Frère John me disait avoir été victime d'un pickpocket qui lui a pris son cellulaire et probablement mes 300 baht.
Surveillez la prochaine chronique qui devrait paraître un peu plus tôt, soit le 10 juin, compte tenu que je serai pour deux semaines au beau milieu de la forêt sans électricité et cellulaire, dans une école qui enseigne le Thai aux enfants de la tribu des Karens. C'est mon immersion. Je vous raconte ça au retour en juillet.
Andrée:) April 17 les Thais en vracOsmar a regagné le Brésil le 25 mars dernier avec sa douce, Yanira, missionnaire d'origine chilienne qui est arrivée au Cambodge en septembre dernier. Ils sont amoureux et prévoient se marier et poursuivre la mission là-bas pour un temps. Osmar a eu une forte expérience de 5 ans en Amazonie. Aussi depuis janvier j'étudiais le cours de conversation seule avec la professeure, Osmar ayant demander une révision. Il n'y avait pas d'autres élèves au même niveau que moi jusqu'à tout récemment. Ron, un américain dans la soixantaine retiré de l'armée et marié à une jeune Indonésienne s'est joint à moi depuis la fin mars( finalement il semble qu'il ait 15 enfant entre 6 et 40 ans répandus partout en Asie. Ils avaient parfois 2-3 blondes en même temps...quand il nous a conté ça, j'en perdais mon thai). Toutefois, pendant la partie où j'étais seule, je devais combler 2 hres à parler et j'avais le choix du sujet. Donc je m'en suis donnée à coeur joie, d'autant que pendant une certaine période je pouvais avoir 3 ou 4 professeurs différents par semaine, ce qui voulait dire revérifier des choses que les autres avaient dites, redire la même chose sans être ennuyante et devenir meilleure. Bref, c'était comme aller prendre un café tous les matins avec une nouvelle amie me familiarisant ainsi avec les différents accents et expressions. Voici ce que j'ai appris:
-être célibataire n'est pas une tare ici. Personne ne semble assoiffé de trouver l'âme soeur. "La vie décide" "Tant que j'ai une bonne santé". "Ce qui est important c'est d'avoir un bon coeur"...d'ailleurs cette explication revient pour pas mal de choses ici. Entre autre par rapport à l'homosexualité ou ce qu'ils appellent "Katoei", c'est-à-dire des hommes travestis et ou transexuels. Pour eux "chiiwit may nênnoon", ce qui veut dire que tout peut changer. On peut devenir moine même si on est marié (ça paraît mieux que de divorcer, avouez!!!). On peut être homosexuel jusqu'à 40 ans et changer sans problème pour hétérosexuel, ou vice-versa si on est jaydii (coeur bon), pas de trouble. Pour les katoei en général, ils croient que ce sont des gens qui ont manqué d'amour dans leur vie et ont besoin d'attention.
-Il y 5 groupes alimentaires: fruits et légumes, le riz, la viande et tenez vous bien...le gras. Les thais mangent tout le temps et à n'importe quelle heure. Les trucs sur la rue ce n'est pas que des petits sautés aux légumes santé, non non, c'est des choses frites dans la pâte et dans l'huile. Mes profs se trouvent grosses, alors on a fait des petites comparaisons. Khruu Noppamat est à 55 kg pour 1m61 et Khruu Nappa, 55 kg pour 1m60, et moi aussi (en fait c'est 1m59 sur mon permis de conduire). C'est juste qu'elles sont longilignes et que je suis courbes...pas mal partout, hahaha! Mais quand même l'autre jour j'ai vu un rack sur la rue avec plein de pantacourts à 100baht. Je commence à regarder et la jolie thai toute souriante vient me voir avec l'arme fatale: le gallon à mesurer...merde!! Elle me dit mielleuse: "C'est quoi votre grandeur"...."euh je sais pas". Bon en fait je pensais "large" parce c'était la grandeur que j'avais pris pour mon jeans acheté au Cambodge. Elle me passe le gallon sur les hanche (ben oui toi, les thais n'ont pas de hanches)...Avec un beau sourire, elle me dit: X-Large. J'ai dit "merci" et j'ai tourné les talons et je ne suis pas allée me remonter le moral sur la balance à 1baht du Seven Eleven. Non, mais...
-Il y a des milliers de mots pour désigner les feelings...mais on n'en parle pas. On sourit. On tourne en rond pour ne pas dire les choses directement. Toutefois, je ne sens pas trop ce dernier aspect. Jusqu'à maintenant dans la relation que j'ai avec les profs, j'ai senti que c'était assez direct, mais peut-être que si j'étais en relation plus personnelle ce serait autre chose. Mais je crois qu'elles tentent de sauver la face, entre autre par rapport au paragraphe un (sur le célibat) par exemple. Faut les voir roucouler autour des mâles à la pause et rire comme des ados. Les gars, même les plus rationnels et straight, en bavent d'avoir une horde de jolie thais qui rient à leur moindre geste. Elles ne m'approchent jamais comme ça...mais c'est vrai que moi j'ai le droit aux bras au autour de la taille, ah ahaha
-Les Thais travaillent beaucoup. Mes profs par exemple travaillent 12 hres par jour 6 jours par semaine et parfois plus, et ont toujours l'air fraîches et disposes, et surtout souriantes. Ils travaillent beaucoup car le salaire moyen est quand même limite. Toutefois comme je vous disais tout le monde travaille. Entrez dans n'importe quelle boutique ou magasin, il y a entre 3 à 5 vendeurs de libres juste pour vous. Donc tout le monde est assez sabaay sabaay, pas de gros stress et de gros rush, de truc de performance. Donc il n'y a pas de burn-out. Selon eux c'est parce qu'ils ont des amis et prennent soin des uns des autres (je ne sais pas où ils trouvent le temps).
-Quand quelqu'un éternue, on dit: ""apnam leew", ce qui signifie:"je me suis déjà douché". Les Thais apprennent dès leur plus jeune âge à se doucher au moins 2 fois par jour. Ils détestent les mauvaises odeurs liés au corps. Je vous ai déjà dit que les Thais sont très pudiques entre homme et femme. En fait, ma prof m'a fait une super face de dégoût en m'expliquant qu'elle ne pouvait concevoir qu'on s'embrasse sur la bouche après un repas, car notre bouche est sale. D'ailleurs ici, le cure-dent est très populaire ici. On se couvre la bouche d'une main et de l'autre on se cure les dents. Après avoir résisté 4 mois à la séance post-bouffe en même temps que tout le monde, je 'y suis mise ici, me rappelant mes oncles dans le début des années 80 alors que c'était encore populaire qu Québec. En fait, moi, ça me dégoûte le cure dent mais je m'y suis faite.
-Selon Khruu Noppamat, les Canadiens ressemblent aux Thais car ils sont polis et rient. Les Américains sont directs, trop sûrs d'eux. Ces derniers de même que les Anglais ne sont pas très bons en thai car ils peuvent parler anglais partout. Les Japonais sont bons en écriture, mais pas en conversation car ils ont peur de commettre des erreurs.
-"T'as quel âge?- t'habites où?-tu viens souvent ici?" sont les trois premières questions des thais homme ou femme, jeune ou vieux. Pour la Québécoise que je suis, les premières fois que je me suis fait aborder de la sorte par un homme thai, d'autant que c'était à la piscine, j'ai sourcillé et suis restée froide. Au Québec,la traduction serait: "es-tu libre pour qu'on couche ensemble à soir?"...J'ai dû réajuster ma perception. Les thais aiment parler (et abordent facilement les étrangers sur la rue)...de tout et de rien...et rient facilement et se foutent si c'est intéressant ou pas. Il y a une certainement simplicité, voir une légereté qui m'a fait voir comment au Québec "on doit être intéressant" quand on est en public. D'ailleurs j'ai remarqué qu'à l'école tous les farangs que nous sommes commencent par se regarder, voir s'analyser en silence et prennent du temps pour entrer en contact et s'assurent d'être intéressant, c'est-à-dire de bien avoir "sizer" la personne. Ça me fait du bien, cette légereté. D'ailleurs lorsqu'on est invité chez un thai, il vous demandera d'abord de raconter des histoires drôles et par la suite il prendra des nouvelles de votre travail, votre famille, vos amis. Disons que je ne suis pas à l'aise avec ça, mais pourquoi pas.
-En général, je suis devenue plus "sabaay sabaay" comme le veut le mode de vie ici. Mais il y a une chose qui me rend folle. Ils marchent très lentement et ce, partout, et parfois zizaguent, ce qui fait que vous êtes incapables de les dépasser. Et comme il y a des millions de choses à vendre sur la rue, soudainement, ils s'arrêtent, se plantent là, mais ne se soucient nullement de vous qui essayer de passer à gauche ou à droite. Ils ne jetteront pas un regard et ne s'excuseront pas. Alors je dis: "Khôtôôtkha"(excusez)...ils ne bougent pas, ne lèvent pas la tête, et je dois par moi-même trouver une issue.
-sur les rues de Bangkok, il y a des centaines de vendeurs ambulants, des milliers de petits magasins avec des milliers de cossins (voir des cochonneries) à vendre. Beaucoup de genre de petits jouets que même les adultes achètent pour accrocher après leur téléphone cellulaire ou autre. C'est comme des Dollarama ambulants x 10. J'en ai parlé à Khun Tha ma superviseure au centre des réfugiés. Je lui ai dit que comme ils n'ont pas de bien-être social c'était probablement la façon de se faire un peu de sous. On ne pourrait faire ça au Québec compte tenu de l'hiver. Elle m'a dit que oui, mais aussi c'est que les Thais aiment acheter. Et je le crois, car ils vendent et je vois vraiment des gens porter ces trucs.
-Dans la même veine, je vous disais que les filles étaient très féminines et il y a des vêtements à vendre partout sur la rue pour une bouchée de pain. Toutefois, dans mes yeux, ça reste un peu kétaine: des frous-frous, des fleurs, des couleurs flash, du tissus brillant comme à Noel. Elles portent vraiment ça tous les jours et ce n'est pas toujours agencés, mais portent tout le kit de ce qu'elles trouvent beau: des talons aiguilles zébrés avec une tunique fleuri à gros boutons et une ceinture avec brillants. Je vois aussi rarement mes profs porter deux fois le même kit. C'est ennuyant qu'une d'elle m'a dit. J'ai évidemment de la difficulté à trouver des vêtements tout aller. Ayant le look sport, une prof m'a demandé si j'étais une "tom" (lesbienne). En passant, je crois que plus de 50% des Thaies ne se rasent pas ou ne s'épilent pas les jambes...et elles ont du poil noir les amis...je ne sais pas ce qui est le plus féminin des frous frous ou des jambes douces.
-Un nouveau trip ici en Thailande: la poupée Blythe. Elle est horrible et elle a été retiré du marché aux USA car les enfants avaient peur. Ici ce sont les adultes qui jouent à la poupée et qui la trainent au bureau...je vous dit le monde est fou!!!!!
-Sujet morbide: La crise économique frappe ici et plusieurs compagnies qui fabriquent les produits revendus aux USA ferment. Il y a beaucoup de suicide: 5000 personnes se seraient tuées....le moyen le plus courant? Se jeter en bas des édifices.
-Nous sommes présentement dans la saison chaude, mais il est arrivé qu'il pleuve. Le vent se lève et devient assez fort ce qui fait du bien. Dan m'a dit qu'on appelait cette pluie "Mango Rain", car c'est exactement l'eau dont ont besoin les mangues pour mûrir.
-J'ai vu mon premier film thai (sous titré en anglais): KhaanKhluay 2(nom de l'éléphant). Un dessin animé à la Walt Disney sur l'histoire d'Ayutalla (une des villes qui appartenaient aux Mon(ethnie du Myanmar) avec des éléphants (symbole de la Thailande) comme personnages principaux. On pouvait vraiment sentir la culture. Premièrement, ce qui me touche que ce soit dans ce film ou les pub, c'est cette espèce d'humour un peu naif, ou même simpliste par rapport à la vie et l'amour. Ensuite, il y avait évidemment des esprits et des zombies (incarnant les méchants Mons). Les Thais croient aux esprits et en ont peur. D'ailleurs Bangkok qui est "Krungthep" en thai signifie "cité des anges). Dans le film on voyait aussi les parents éléphants taper de façon mi-stricte mi affectueuse sur la tête des bébés éléphants quand ils faisaient les nigauds, ce qui est courant ici.
Pendant ce temps à Wat Prok...
Je n'étais pas certaine de poursuivre mon engagement à Wat Prok car trouver des activités devenaient de plus en plus ardu pour ma pauvre imagination. Mais l'Esprit Saint voulait autrement. En revenant du camp de Kanchanaburi, j'avais fait imprimé les photos et acheté de gros cartons. Cet après midi là, certains devaient terminer le masque en papier mâché sur ballon qui dans 75% des cas s'étaient autodétruits. Le problème? On avait acheté de la farine de riz, facile à trouver ici, qui est moins collante que la farine blanche tout usage...Donc, à ma grande surprise, c'est avec un grand enthousiasme qu'ils se sont emparé des cartons et se sont mis en équipe en faisant un montage et inscrivant de petites phrases sous. Un des garçon tout fier m'a montré une photo de moi-même avec un enfant de l'orphelinat dans les bras ayant inscrit: "Khruu Canada rak dek"(Prof Canada aime les enfants...okay je laisse tomber la fibre souverainiste cette fois). J'avoue que ça m'a touchée. La semaine d'ensuite j'ai agrandi certaine des photos de leur visage que j'ai par le suite coupé en deux. Je leur ai demandé de dessiner l'autre moitié du visage qui était le leur ou celui d'un compagnon ou d'un prof. Le gros fun noir!!!! J'ai alors compris un principe fondamentale de Dale Carneghi*: "Parlez à quelqu'un de lui-même, il vous écoutera pendant des heures!!" Mais surtout, le sentiment d'identité de ses garçons. Ils n'ont plus de pays,plus de maison, plus de parents...qui suis-je? La semaine d'ensuite, j'ai apporté une carte du sud-est asiatique. Alors que j'étais en train de jaser avec les autres profs, ils l'ont pris et l'ont mis par terre et trippaient comme des fous en se racontant d'où ils venaient. Je leur avais fait des cartes du Myanmar puis de la Thailande et ils devaient dessiner quelque chose à l'intérieur des frontières. Les témoignages que j'ai reçu sur comment ils étaient venus en Thailande,c'était incroyable: "Moi, j'ai marché de Mon jusqu'à Phuket avec mes parents, puis ensuite jusqu'à Bangkok". "J'ai dessiné une manufacture parce que mes parents travaillent là" "Je ne suis pas un Birman, je suis un Mon. Il y a 5 ethnies au Myanmar..""Et les Mon sont le meilleurs hein?" "Oui les Mon sont les meilleurs" (la plupart sont Mon, une ethnie qui a aussi été ravagé par les Thais) "Tu vas vraiment à Mae Sot l'an prochain? Parce que moi, mes parents sont là-bas"....le regard en disait long.
Même si les profs doutaient que je reste après le départ de Dan (il retourne aux US avec sa femme Cece après 10 ans. Ils attendent un bébé.). J'ai décidé de rester et de faire confiance que l'Esprit continuraient de m'insuffler des idées.
Andrée:)
March 17 Escapade à KanchanaburiComme vous pouvez le voir, avec les enfants du temple nous sommes allés trois jours à Kanchanaburi dans un camp en pleine forêt. En fait, c’est un centre pour les jeunes maltraités qui offre une éducation alternative. Ce centre a été créé par un couple thai qui a milité pour le droit à la démocratie dans les années 70. Dans l’autobus, les enfants ont mis du boum boum thai à fond la caisse: les ados ont dansé les trois heures que durent le voyage autant à l’aller qu’au retour, ce qui n’a pas empêcher les plus jeunes de sommeiller. Faut dire que l’autobus s’y prêtait bien avec toutes sortes de couleurs criardes(rose flash et rouge, banc bleu avec des confetti) à l’intérieur, et tenez vous bien des jeux de lumières de couleurs. Qu’est-ce qu’on a fait au camp? Jouer au soccer, jouer dans l’eau, jouer dans l’eau, jouer au soccer et ce dès 6h30 le matin. On a mangé du riz trois fois par jour. Fallait voir leurs yeux, eux qui d’habitude vont quêter avec les moines le matin pour se ramasser un peu de bouffe, là ils avaient des montagnes de riz et de légumes, et deux assiéttées s'ils voulaient….Du riz bouilli pour déjeuner, je vous jure que ça vous rempli le tibedon. D’ailleurs j’aime maintenant agrémenter mes plats de vinaigre et piment forts…
Le premier soir avant d’aller au lit, les profs nous ont fait faire la prière bouddhiste. J’ai rien compris, mais j’ai fait toute la chorégraphie J!!!. À la fin, on m’a mis un bâton d'enscens dans les mains que je devais aller planter au pied d’un arbre. C’est là que j’ai su qu’en fait on venait de faire un rituel pour éloigner les fantômes car la maison en face où j’habitais en était bourrée semble-t-il (à part les moustiques qui m’ont grignotée toute la nuit même une fois prise dans ma moustiquaire, y a pas un fantôme qui est venu me chatouiller…), Finalement, Dan et moi, on était plus effrayé que le feu prenne dans le tas de feuilles au pied de l’arbre que de voir un esprit faire « boo! ». Mais je retiens le truc pour mes enfants, hehe! Mais dans les faits, la seconde nuit, j’ai couché à la belle étoile sur le grand balcon de la maison sans fantôme avec plein de garçons autour de moi, et il y a eu un feu dans le bois en face de la rivière. Moi, j’ai rien senti, rien entendu, mais quand même j’avais des braises qui avaient volé au pied de ma couverture. J’aurais pu finir bien paisiblement en bar-b-q comme St-Laurent!
Et puis, j’arrête pas de vous dire à quel point ces enfants là, ils sont géniaux et c’est parce qu’ils le sont. Et imaginez, ils s’élèvent tout seuls car leurs parents travaillent dans les quartiers dont ils ne peuvent sortir : loi thai concernant les birmans (voir les articles précédents). Ils vous saluent chaque fois qu’ils vous voient ou vous sourient. Ils ne demandent jamais votre attention où s’ils le font c’est de façon très polie sans vous coller après, ou ils viennent vous offrir un verre d’eau. Ils vous demandent comment vous vous appeler et votre âge (bon je sais que c’est pas commun au Québec mais ici c’est la façon d’entrer en contact), et ils sont tout contents pour la prochaine demie-heure. Ils ne chiâlent jamais: "J'ai rien à faire!!! Entertain moi SVP!", non jamais au grand jamais. Ils font le ménage. Les plus grands prennent soin des plus petits, mais même entre eux c’est tout naturel. Ils font les équipes en serrant la main d’un garçon d’à peu près du même niveau, puis les deux capitaines font « roche-papier-ciseaux-chopstick » et le gagnant doit choisir l’équipe au complet donc il y a jamais personne qui est choisi en dernier. N’ayant aucune attention des adultes, ben il n’y a pas de conflit (en fait j’en ai vu qu’un seul et quand le garçon no 2 a refrappé en arrière de la tête le garçon no 1 qui s’en est allé tout piteux sachant qu’il avait couru après le trouble). Évidemment, les règles de sécurité ne sont pas les mêmes, donc évidemment ils sont suspendus arbres et peu partout, jouent au soccer nus-pieds avec d’autres qui ont leurs souliers, font des sauts périlleux à partir du quai. J’avoue avoir eu peur un peu quand j’ai entendu le boum d’une tête sur le bord du quai, en moins de deux je recherchais le blessé dans l’eau…quand j’ai émergé, j’ai vu une gang de gars qui me regardaient de haut du quai un peu bizarre et me disaient que le gars étaient à mes côtés, un peu sonné mais correct. Tous mes cours de premiers soins me sont passés par la tête, et puis Dan est intervenu : -« Ça va? - oui - -y a du sang? - Non - Okay, let’s go on joue!!!” Cri d’enthousiasme général.
Il me dit : « ce qu’ils ont besoin, c’est en premier un peu d’attention, pis en second, de la confiance » Je n’étais quand même convaincue craignant la commotion, mais bon. J’ai décidé d’aller me changer les idées en allant prendre une douche et changer de vêtements, car voyez vous ici les filles doivent se baigner tout habillées. Toutefois les gars se baignaient bien fièrement en « fruit-of-the-loom » leur moulant le kiwikiki ou nu pour les plus jeunes (non mais rendu là pourquoi s’emprêtrer dans ce petit bout de tissu !!!).
Ils étaient tellement fiers de poser pour la caméra que je leur ai fait développer les photos et on se fera des affiches géantes ou même un genre de roman- photo pour commémorer le tout.Vous savez quand je regarde tout ça, et je vois notre conception de l'éducation au Québec, je vois nos plus, mais y a des trucs qui commencent à me chicoter...entre autre juste le temps qu'on prend pour être soi-même enfant ou adulte et ne pas toujours se faire prendre dans un cadre qui nous donne l'impression de nous accomplir, que ce soit la garderie(avec activités structurées)-école-garderie-bain-devoirs-dodo ou tim horton-boulot-tai box-mcdo-bain+devoirs-cours de langue sur le web-dodo. Ces enfants ont peut-être une vie d'adulte avant le temps et ne seront certainement pas aussi performants que les enfants du Québec, mais ils sont heureux, ça compte ça non? Je les sens juste moins stressés, moins opposants et reconnaissants. Enfin, je crois qu'il y a un peu de l'Asie qui commence à me trentrer dedans après 6 mois...je file sabaay sabaay(relax, juste bien)
À bientôt, Andrée;)
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